L'histoire

  • : Rénovation d'une maison en pierres de 1815 (Jura). Un chantier écolo, petit budget, beaux matériaux. Récit, fiches techniques et pratiques au fur et à mesure des travaux.
  • Retour à la page d'accueil

Vu du chantier

Catégories

A venir

Prochain article : L'affouage, mode d'emploi
L'affouage communal est sans doute la manière la plus économique de se fournir en bois de chauffage, mais comment s'inscrire ? Et comment faire quand on n'a pas de tracteur ?

Pour être averti(e) à parution : inscrivez-vous à la Newsletter (voir plus bas dans la colonne). Garantie sans spam !:))
 

Merci France 3 !

Pour une fois, la fine équipe est de l'autre côté de la barrière puisque nous avons eu les honneurs d'un reportage express (20 secondes) dans l'émission Zappez Plus Net de France 3 Bourgogne-Franche-Comté du 20 octobre dernier. Merci à Franck Grassaud, le journaliste qui nous a interviewés. Si vous avez la patience d'attendre, voici le lien qui amène à l'émission de samedi,  et qui déroule toute l'émission .bourgogne-franche-comte.france3.fr/emissions/33853935-fr.php

Recherche

Publicité

Cesancey-Grue-Toit-oct2007.jpg Cette maison  en pierres, toute en longueur, date de 1815.
Elle est située dans un village jurassien du Revermont.
Elle a appartenu à des vignerons qui ont connu la belle époque (belles pierres, jolies ferronneries de portes, boiseries dans le salon) mais est inhabitée depuis de longues années (aucun chauffage installé, aucune isolation).
Nous souhaitons la refaire à l'ancienne (chaux plutôt que ciment, pierres de taille plutôt que parpaings) avec un budget serré nous obligeant à réaliser nous-mêmes une partie du gros-oeuvre (découverture du toit, percement d'une porte de grange).

Objectif
de ce blog

Nous n'avons aucune expérience en bâtiment. Et comme on va se poser les mêmes questions que tout le monde, on voudrait être utiles au reste des Béotiens et pour cela :
  • compiler nos propres fiches d'infos existantes sur des sujets techniques précis, en redonnant en langage clair le charabia technique du BTP, en donnant des conseils pratiques (et en en recevant !).
  • étudier les solutions écologiques à l'isolation (chanvre ?), au chauffage (chaudière à bois ou poële de masse ?, récupération d'eau, comment se fabriquer une citerne maison).

Le blog est classé en catégories par corps de métier. Attention ! Les textes les plus anciens sont en bas, les plus récents en haut. Pour lire de façon chronologique il faut donc aller tout en bas de page et remonter. 
Mercredi 5 décembre 2007
Pierres Vivantes a eu l'agréable surprise de recevoir un email d'un certain M. Lambert, sans adresse bien sûr, menaçant d'attaquer le blog devant le tribunal de commerce de Paris (enfin, on pense que c'est celui-là)  pour avoir colporté l'an dernier les infos diffusées l'an dernier par le CSTB, le centre technique du bâtiment, dans un article intitulé "isolants mince, c'est un arnaque, dit un rapport officiel".

Une sympathique mise en demeure, avec un soupçon de formules de politesse, aurait peut-être été préférable, cher M. Lambert ? 

Surtout que nous serions fort étonnés que le droit de la presse ait changé depuis l'élection de M. Sarkozy. Et donc, à notre connaissance, un tribunal de commerce ne statue point sur un article diffamatoire, de même qu'une cour d'assises n'est pas habilitée à juger de la grossièreté des commentaires laissée par les visiteurs, même si, visiblement, il y a des coups de trique qui se perdent !

Enfin, pour qu'il y ait diffamation, cher monsieur, il faut qu'il y  ait du contenu diffamatoire, c'est-à-dire injure ou propos de nature à nuire à la réputation de quelqu'un, propos bien entendu tenus de mauvaise foi. Vous comprenez bien, sinon, que je peux attaquer n'importe qui pour n'importe quel motif farfelu, à commencer par un journal qui citerait par exemple les propos désobligeants d'Yvan Colonna sur la justice française, au motif que le journal insulterait la justice !!

Le simple fait de relayer une information erronée, quand ce relai est fait de bonne foi, donne donc le droit à un "droit de réponse" à insérer dans l'article, mais pas à réparation financière. C'est une des bases du droit de la presse, mais c'est plus facile de menacer que d'ouvrir son code de procédure pénale, hein ?

Bon, j'arrête là, et comme Pierres Vivantes cultive un regard bienveillant sur l'humanité, nous reproduisons ci-dessous le mail de M. Lambert, qui aura ainsi son droit de réponse (en économisant un procès, sympa, ce blog, non ?).

le 22 mai 2007 - Le CSTB diffusait fin avril 2007 deux communiqués de presse présentant les résultats de tests in situ1 réalisés sur des isolants minces multicouches réflecteurs dans le cadre du PREBAT2, un projet financé par l?ADEME. Ces communiqués mettaient ouvertement en cause la performance thermique de ces isolants, alors même que le rapport de tests relatif à cette etude n?était pas achevé et la description du protocole de tests non disponible.

 La justice a condamné le CSTB pour insuffisance et incohérence, dénonçant « à l?examen de la communication incriminée (?) des éléments de nature à semer la confusion dans l?esprit du public (?), des conclusions hâtives et affirmatives exprimées sans la prudence nécessaire ».
 « Dans l?attente de la publication des résultats définitifs des études menées sur le sujet tant par le CSTB que par l?ORGANISATION EUROPEENNE POUR L?AGREMENT TECHNIQUE « EOTA », Le Tribunal de Commerce de Paris a interdit au CSTB «de poursuivre ses communiqués».

 Le CSTB a donc été sanctionné et contraint - sous peine d?astreinte - de retirer de son site Internet tous communiqués relatifs à cette étude.

 A l?opposé des communiqués du CSTB, les résultats de plusieurs campagnes de tests in situ réalisées à ce jour dans différents pays européens (en France, en Angleterre avec BM TRADA, en Allemagne avec le FRAUNHOFER INSTITUT FÜR BAUTECHNIK) ont démontré de manière concordante que :

 - mesurée en conditions réelles, la performance thermique d?un isolant mince multicouche réflecteur est équivalente aux isolants traditionnels les plus épais,
 - mesurée en conditions réelles, la performance thermique d?un isolant mince multicouche réflecteur est de 3 à 5 fois plus importante que celle mesurée suivant les méthodes de tests conventionnelles en laboratoire à la boîte ou à la plaque chaude gardée .

 Bien que convié expressément à prendre part au débat, tout comme l?ensemble des laboratories membres de l?EOTA, le CSTB n?a pas daigné assister à ce colloque.

 A propos du SFIRMM
 Le SFIRMM (Syndicat des Fabricants d?Isolants Réflecteurs Minces Multicouches) est l?association de 4 fabricants d?isolants réflecteurs minces multicouches
 INFO www.isoland-concept.com


Par Fofo les Pinceaux - Publié dans : Pierres Vivantes
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Vendredi 19 octobre 2007
Ca y est, le toit est  couvert avec la nouvelle tuile. Un choix difficile à faire : une rénovation pure et dure, fidèle au style local, imposait de recourir à une petite tuile plate et longue, la bien-nommée "Bourgogne longue" de la marque Imerys. Mais il en fallait beaucoup au mètre carré (une quarantaine), donc ça nous coûtait trop cher en charpente et en tuile (0,57 € HT la tuile).

Pour choisir une remplaçante, nous nous sommes fait l'oeil sur les maisons du coin. Tout d'abord, nous avons réfléchi aux raisons pour lesquelles nous trouvions certaines maisons affreuses. En général c'était parce que la maison était petite mais couverte avec des tuiles énormes, ce que j'appelle le syndrome "moule à gaufres", ou chaque tuile fait l'effet d'un gros machin ridiculement disproportionné (genre : en 10 rangées de tuiles on arrive au faîte de la maison). Vous trouvez ces couvertures dans les lotissements, par exemple, la tuile Alpha 10 ci-dessous (notez l'épais bourrelet du rebord qui rend chaque rangée de tuiles bien visible).

ToitureAlpha10.jpg
Plus subtilement, c'était aussi laid parfois parce que les tuiles juraient avec les proportions mêmes du toit, par exemple quand le toit était tout en longueur, comme le nôtre, et la tuile tout en hauteur, étroite et longue d'aspect. Rentrait ici en compte la pente du toit, très importante pour l'impression visuelle : plus le toit est pentu, plus on voit les tuiles, donc plus elles ont intérêt à être petites et bien proportionnées.


Attention aux proportions

Nous nous sommes dit qu'il nous fallait, avec notre toit peu pentu mais tout en longueur, un rythme horizontal. En clair, qu'il valait mieux avoir une tuile large par économie, mais à fort recouvrement, pour que visuellement l'impression soit celle de nombreuses rangées de tuiles, plutôt qu'une tuile étroite et longue singeant la Bourgogne longue, mais sans en avoir l'élégance.

Cela nous a définitivement fait pencher du côté de la tuile dite "27x41", qui fait 41 cm de large, et qui se recouvre de façon à ne laisser que 10-12 cm de pureau (partie visible de la tuile). En un mot : toit plus large que haut = tuile plus large que haute.
(Alors qu'au départ on partait sur la tuile dite Arboise, dont les proportions sont inversées. Exemple par l'image : à gauche ci-dessous, l'Arboise, en dessous, la 27x41.)

L'autre point important en la matière est de s'assurer que la tuile permet des ajustements si la maison est biscornue : si elle s'emboîte fermement dans un cran au-dessus d'une autre, comment gérer un toit qui tourne un Toiture-Arboise.jpg peu ?

Enfin, question couleur, on a pris rouge nuancé, pour ne pas faire dans l'originalité. Pour l'instant on trouve que ça fait très rouge vif, mais on mise sur les lichens pour assombrir la teinte. A l'inverse, si on avait pris brun sombre dès le début, le toit aurait noirci sans nuances. Enfin, on espère avoir fait le bon choix...

Avec au final, une bonne surprise : la 27x41 présente en plus un rebord très fin, et légèrement bombé, qui reproduit les ombres de nos défuntes tuiles de 1815, légèrement galbées, et dont nous resterons malgré tout à jamais nostalgiques...

Toiture27x41.jpg





Par Fofo les Pinceaux - Publié dans : Toiture
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 18 octobre 2007
Rater son toit, c'est possible, et c'est facile : nos conseils pour rénover sa maison ancienne en ayant l'air d'habiter un lotissement.

Le détail qui tue : les aérations

Une fois la tuile choisie, restent les détails, et souvent c'est là que se loge le diable. Pour rater son toit, il faut d'abord acheter les accessoires aussi coûteux que laids que les fabricants de tuiles ont prévu : citons bien sûr les petits pénis de bout de toit, un genre de gland en forme de pomme de pin censé donner un air châtelain et cossu à la maison.
Il faut aussi recourir aux aérations de toiture qui ressemblent à des petits périscopes, ou des trappes, et qui donnent de loin l'air d'avoir placé des encoches dans le toit.

Chez nous, des liteaux crantés posés en bas de toiture les ont avantageusement remplacés, les crans sciés dans le bois laissant l'air passer tout pareil.
De même, nous avons aussi insisté pour que les tuiles faîtières soient meulées avec un cran de quelques mm de haut qui permette à l'air de s'échapper quand même.
Comme ça, on a un toit immense, mais uni, sans rupture visuelle.

Le détail qui enlaidit : les tuiles de rive

Deuxio, les mansardes : la mode est aux tuiles de rive qui recouvrent les bords de la mansarde. On ne voit plus qu'elles, et honnêtement, c'est moche, une tuile de rive. Mais évidemment, toutes les maisons neuves en ont, alors en rénovation ça s'impose aussi.

Nous avons préféré un sobre bardage de zinc, cloué sur une planche, qui gardait à la petite charpente de la mansarde son élégance (nous avons fait moulurer les extrémités des petites poutres qu'on voit dépasser d'en dessous les tuiles, petit détail qui fait "ancien"). D'ici quelques années, le zinc se sera terni (cf la photo à gauche ci-dessous) et fondu dans le toit.
Il sera toujours temps, dans 10 ans, de déclouer la planche et son bardage zingué, et d'en mettre une neuve, si vraiment elle vieillit mal. Mais de notre point de vue, un bois lessivé par la pluie, grisé, c'est poétique. PhotoLucarne1.jpg
(A titre indicatif, moins romantique, la direction départementale des monuments historiques de Côte d'Or déconseille aussi les tuiles de rive sur les lucarnes, car ce n'est pas traditionnel.) detaillucarnecesancey.jpg
Ci-contre : avant/après, nos mansardes avec leur bardage en zinc.

NB. On va remplir l'espace vide devant avec de la chaux ou deux pierres de taille en triangle. On va éviter le remplissage avec des petites pierres de maçonnerie, pour garder au joli linteau courbe son côté massif et chic, presque snob.

La frisettomanie

Tertio, la frisette : c'est l'hymne nationale de la charpenterie moderne. Frisette, frisette, tout le monde en pose juste sous le rebord des tuiles, pour que depuis la rue, quand on lève la tête, le des ExempleFrisetteRive.jpg sous du toit montre un beau lambris verni chêne clair, de cette couleur orangée qui rappelle tellement le style chalet savoyard. (Ci-contre, la totale : mansardes avec tuiles de rive ET frisette).

Mais c'est affreux d'avoir du bois qui ne vieillit pas, si ce n'est en se pelant, avec cette belle couleur de faux chêne. Et je ne parle pas des coffrages hideux qu'on voit aussi sous les rebords des toits, qui ressemblent aux slips qui dépassent des pantalons taille basse !

Donc pas de frisette vernie. Donc on verra l'écran de sous-toiture. Noir, en plastique, donc moche. Nous finirons bien par le recouvrir, mais peut-être sous forme de planches de taille inégale, et pas vernies, pour qu'elles se patinent.


Les gouttières : le cuivre c'est chic

Enfin, les gouttières. Là, plus on est riche, plus on met de cuivre. Quoiqu'entre cuivre et zinc, la différence de coût ne se sente guère : de l'ordre de quelques centaines d'euros pour nous, soit une goutte d'eau dans un chantier qui tourne quand même à 40 000€.

Mais on a tellement vu des gouttières en cuivre qui se la jouaient rénovation façon Versailles, avec en dessous des volets roulants en PVC, qu'on a préféré faire discret. (ci-dessous : un intéressant mélange de gouttière en cuivre et de coffrage lasuré gout10.jpg , dans un style voyant très réussi).

... Mais on n'aurait peut-être pas dit la même chose s'il avait fallu poser aussi de grandes plaques de zinc pour faire les côtés des lucarnes, car c'est assez laid, tout ce métal brillant. Dans ce cas, des joues en cuivre, assorties aux gouttières, semblent s'imposer. (Pour faire vraiment moche, pensez cependant aux fausses briques collées sur les côtés, avec une charpente en sapin teinté merisier).

Heureusement, en ce qui nous concerne, nous n'avons qu'un petit bout de zinc à supporter, et pour le reste, on mettra de la chaux, pour aller avec les tons pierre de la mansarde.

Les cheminées, elles aussi, peuvent être astucieusement enlaidies avec quelques trucs simples : un tuyau en inox, par exemple, donne un air moderne très réussi qui jure bien avec une maison en pierres. Nous conseillons aussi les crépi californiens bien blancs, avec leur délicieux petit chapeau plat.

Voilà, c'était mon petit accès de méchanceté. En résumé, à mon avis, dans une rénovation, c'est l'homme qui s'adapte à la maison, et pas la maison qui s'adapte à l'homme. Il faut donc en accepter le petit air décati, la patine et les fêlures, et ne pas vouloir guérir les outrages du temps à grand coups de parpaings ou de fenêtres en PVC. Et se méfier des modes, aussi ridicules que vaines, qui datent une rénovation aussi sûrement qu'un tuning sur une 4L...
Par Fofo les Pinceaux - Publié dans : Pierres Vivantes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus