Les pare-vapeur sont très à la mode. On en voit partout posé sous les tuiles des maisons neuves, et, comme pour les vêtements de montagne, on trouve maintenant des membranes laissant respirer la maison.
Nous nous demandons cependant si ces fameuses membranes vieillissent aussi bien que le Goretex de nos vestes de montagne, c’est-à-dire : mal. Car le soleil et le gel doivent sûrement nuire aux micro-pores et à la résistance du tissé, non ? (Evidemment il n’existe aucun article sur le sujet du vieillissement de ces pare-vapeurs dans la presse spécialisée).
Prudence, prudence...
On se résume : le pare-vapeur se pose sur les murs, et sur le plancher du grenier. Comme son nom l’indique, il sert à protéger la paroi de la migration de l’humidité par capillarité. On lui demande donc d’être étanche.

En rénovation, le pare-vapeur doit donc se manier avec une extrême prudence : la maison n’ayant pas été conçue pour fonctionner avec, il risque de bouleverser le fonctionnement hygrothermique de la maison et de produire des moisissures sur des murs anciens et a priori sains.
La bonne idée qui tourne mal...Un grand classique : la laine de verre craignant l’humidité, on croit bien faire en mettant un pare-vapeur étanche côté chaud (entre le mur isolé et l‘isolant), ce qui rend les parois non respirantes.
Résultat : « à supposer que le pare-vapeur soit correctement posé, c’est-à-dire intégralement étanche sur toute sa surface, qu’il ne bloque dans le mur aucune remontée d’eau par capillarité, il faut impérativement extraire la vapeur d’eau excédentaire de l’air intérieur par une VMC car les parois ainsi étanchées n’ont plus aucune capacité hygroscopique, c’est-à-dire plus aucune possibilité d’absorber les surplus de vapeur d’eau quand l’air est trop humide, et de les restituer quand il est trop sec« (Jean-Pierre Oliva).
En clair : un pare-vapeur rend l’habitant dépendant d’une ventilation mécanique forcée, ce qui n’est pas génial d’un point de vue écologique. De même, quand on le pose sur un grenier ou sous un toit, il vient étancher des combles en général bien ventilés, car les maisons anciennes sont le paradis des courants d’air au grenier. « Les toitures anciennes n’étaient pas conçues pour être isolées. Cette opération va modifier l’équilibre hygrothermique des charpentes en bois qui vont se retrouver partiellement ou totalement incluses dans l’isolant, ou à l’intérieur d’un volume chauffé. La première conséquence est le risque de condensation » avertit Jean-Pierre Oliva.
Une alternative : la bonne vieille peinture triple couche...
Une solution alternative est fournie par les Coignet dans leur ouvrage
La maison ancienne (voir bibliographie) : « pour éliminer les risques de condensation interne de la vapeur qui transite dans les mus de façade des pièces où la production de vapeur est intense, la plus simple des solutions est de placer un pare-vapeur sur le parement intérieur du mur :
trois couches d’une peinture étanche de qualité appliquées sur un enduit en bon état forment un pare-vapeur efficace ».
... Alors, votre avis à vous ?
on a des amis qui rénovent une maison ancienne et qui se disent contents de leur pare-vapeur posé sous les tuiles au moment de la réfection du toit. On connaît des gens qui posent un pare=vapeur sur le plancher des combles pour protéger les pièces du dessous des fortes odeurs de la laine de mouton non traitée qu'ils ont épandue comme isolant.
Et vous, quelle est votre expérience ? Racontez-nous !