Ca y est, le toit est couvert avec la nouvelle tuile. Un choix difficile à faire : une rénovation pure et dure, fidèle au style local, imposait de recourir à une petite tuile plate et longue,
la bien-nommée "Bourgogne longue" de la marque Imerys. Mais il en fallait beaucoup au mètre carré (une quarantaine), donc ça nous coûtait trop cher en charpente et en tuile (0,57 € HT la
tuile).
Pour choisir une remplaçante, nous nous sommes fait l'oeil sur les maisons du coin. Tout d'abord, nous avons réfléchi aux raisons pour lesquelles nous trouvions certaines maisons affreuses. En
général c'était parce que la maison était petite mais couverte avec des tuiles énormes, ce que j'appelle le syndrome "moule à gaufres", ou chaque tuile fait l'effet d'un gros machin ridiculement
disproportionné (genre : en 10 rangées de tuiles on arrive au faîte de la maison). Vous trouvez ces couvertures dans les lotissements, par exemple, la tuile Alpha 10 ci-dessous (notez l'épais
bourrelet du rebord qui rend chaque rangée de tuiles bien visible).

Plus subtilement, c'était aussi laid parfois parce que les tuiles juraient avec les proportions mêmes du toit, par exemple quand le toit était tout en longueur, comme le nôtre, et la tuile tout en
hauteur, étroite et longue d'aspect. Rentrait ici en compte la pente du toit, très importante pour l'impression visuelle : plus le toit est pentu, plus on voit les tuiles, donc plus elles ont
intérêt à être petites et bien proportionnées.
Attention aux proportions
Nous nous sommes dit qu'il nous fallait, avec notre toit peu pentu mais tout en longueur, un rythme horizontal. En clair, qu'il valait mieux avoir une tuile large par économie, mais à fort
recouvrement, pour que visuellement l'impression soit celle de nombreuses rangées de tuiles, plutôt qu'une tuile étroite et longue singeant la Bourgogne longue, mais sans en avoir l'élégance.
Cela nous a définitivement fait pencher du côté de la tuile dite "27x41", qui fait 41 cm de large, et qui se recouvre de façon à ne laisser que 10-12 cm de pureau (partie visible de la tuile). En
un mot : toit plus large que haut = tuile plus large que haute.
(Alors qu'au départ on partait sur la tuile dite Arboise, dont les proportions sont inversées. Exemple par l'image : à gauche ci-dessous, l'Arboise, en dessous, la 27x41.)
L'autre point important en la matière est de s'assurer que la tuile permet des ajustements si la maison est biscornue : si elle s'emboîte fermement dans un cran au-dessus d'une autre, comment gérer
un toit qui tourne un

peu ?
Enfin, question couleur, on a pris rouge nuancé, pour ne pas faire dans l'originalité. Pour l'instant on trouve que ça fait très rouge vif, mais on mise sur les lichens pour assombrir la teinte. A
l'inverse, si on avait pris brun sombre dès le début, le toit aurait noirci sans nuances. Enfin, on espère avoir fait le bon choix...
Avec au final, une bonne surprise : la 27x41 présente en plus un rebord très fin, et légèrement bombé, qui reproduit les ombres de nos défuntes tuiles de 1815, légèrement galbées, et dont nous
resterons malgré tout à jamais nostalgiques...